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Histoire de la presse

Histoire du journal Le Canard Enchaîné



Le Canard enchaîné est un hebdomadaire satirique français, qui parait le mercredi.
Fondé le 10 septembre 1915, par Maurice Maréchal, Jeanne Maréchal, et Henri-Paul Deyvaux-Gassier, c'est l'un des plus anciens titres de la presse française actuelle.


Origine :
Son nom est une référence au journal L'Homme libre, édité par Georges Clemenceau qui critiquait ouvertement le gouvernement de l'époque.
Ce « canard » dut alors subir la censure, et son nom fut changé en L'Homme enchaîné. Par parodie, Maurice et Jeanne Maréchal décidèrent donc d'appeler leur journal Le Canard enchaîné.
Variante historique du titre : Le Canard déchaîné, du 15 octobre 1918
au 28 avril 1920.
Le titre Canard enchaîné garde son accent circonflexe sur le i, bien que les dispositions de la nouvelle orthographe permettent de s'en passer.

Ligne Editoriale
Le sous-titre est Journal satirique paraissant le mercredi. Son slogan est : « La liberté de la presse ne s'use que quand on ne s'en sert pas ». Ceci résume assez bien la ligne éditoriale de cet hebdomadaire : le Canard parle de tous les scandales publics (politiques, économiques, judiciaires, etc.) en France mais aussi dans les autres pays. Sa devise inventée par H.-P. Gassier en 1915 est : « Tu auras mes plumes, tu n'auras pas ma peau ».

Né à gauche
Antimilitariste, on y voit communément une nette sensibilité de gauche. Certains voient en lui, dès ses origines, une gauche anarchiste, voire une droite anarchisante. Il refusera aussi le titre de journal communiste sans renoncer pour autant ni à son indépendance ni à son esprit critique. Il professe un anticléricalisme de bon aloi. Il applaudit quand la gauche arrive au pouvoir (Cartel des gauches en 1924, Front populaire en 1936, Pierre Mendès France, François Mitterrand en 1981) mais avec méfiance et circonspection. Les partis de gauche se sont toujours méfiés de lui. Maurice Thorez, dans un comité central du PCF, fustige « l'esprit blagueur du Canard qui conduit à douter de tout » ; Guy Mollet à la SFIO le poursuit lui aussi de sa vindicte.

Ni plus à gauche, ni plus à droite
Depuis toujours, Le Canard enchaîné est clairement indépendant. Même s'il garde une sensibilité de gauche, il n'hésite pas à dénoncer toutes les dérives des politiques quels que soient leurs bords politiques. Farouchement attaché à son indépendance éditoriale, le journal refuse les annonceurs. Il reste l'un des derniers journaux d'investigation en France. Ne se référant pas à l'AFP, comme la plupart des quotidiens, Le Canard est connu pour renifler les scoops, et faire éclater les scandales. À ce titre, il est craint et lu par l'ensemble de l'échiquier politique, et n'éprouve pas plus de compassion envers une défaite d'un parti de gauche ou droite, qui plus est si c'est un extrême. Comme le dira Escaro, dessinateur du Canard enchaîné, « la tendance actuelle du Canard, c’est l’objectivité. Ni gauche, ni droite ».

Indépendance
Sans recette publicitaire, Le Canard ne vit que de ses ventes et affiche pourtant une belle santé financière. Il refuse d'accueillir dans ses pages la moindre publicité, ce qui en fait un cas rare dans la presse papier française professionnelle (ainsi que CQFD, La Décroissance, Le Plan B, Psikopat, Fluide Glacial et Minute, Charlie-Hebdo, ainsi que quelques journaux régionaux comme Cuverville ou Fakir).
Ses statuts (SA Les Éditions Marechal) le préservent de toute prise en main extérieure (ceci depuis une tentative de prise en main du journal par le groupe Hachette, en 1953) puisque seuls sont actionnaires ceux qui y travaillent, ainsi que les fondateurs (les 1 000 titres du journal sont incessibles et sans valeur).
Sa « bonne santé financière » lui a permis de passer à la photocomposition en 1982, puis en publication assistée par ordinateur en 1996. Chaque année les bénéfices sont mis « en réserve » pour assurer l'indépendance financière (ces réserves sont trois fois plus importantes que le chiffre d'affaires annuel).
Ses salariés sont parmi les mieux payés de toute la presse française. En contrepartie, les rédacteurs ne peuvent ni jouer en bourse, ni faire des piges ailleurs, ni accepter de cadeau (notamment des décorations officielles). Les comptes financiers du journal sont publiés chaque année dans le dernier numéro d'août.
L'hebdomadaire est imprimé le mardi en début d'après-midi.

Bon enfant
Il est souvent sévère, parfois cruel, y compris avec ses amis, il n'est cependant pas vindicatif. Ainsi, le capitaine Nusillard, chef de la censure de 1916 à 1918, est devenu par la suite un des plus fidèles abonnés du journal, jusqu'à sa mort à 95 ans, en 1955.
Jean Egen dans Messieurs du Canard, puis Vincent Nouzille, dans un article du Nouvel Économiste en 1993, distinguera « deux clans de journalistes historiquement opposés, les Dionysiaques ou buveurs de vin (tradition du juliénas), rois de la satire, et les Apolliniens ou les buveurs d'eau, preux chevaliers de l'information ». Yvan Audouard dira les choses plus simplement pour employer le vocabulaire de la profession en séparant « chroniqueurs » et journalistes d'informations.

Les rubriques
- Les insolents de la semaine. Cette rubrique, inaugurée dans le numéro du 25 Juillet 2007, se moque de la presse "insolente" envers Nicolas Sarkozy en tournant en ridicule les titres hagiographiques à son égard ;
- Noix d'honneur (la première datant du 14 janvier 1921 fut attribuée à Louis Latzarus). Aisément repérable en page une ou en page huit par son cadre grisé, cette rubrique stigmatise un propos se distinguant par sa fausseté, son imprudence, son évidence, sa platitude, sa flagornerie, etc. ;
- La Mare aux canards (apparue en 1916, puis régulièrement à partir de 1918). Figurant en page 2 de l'hebdomadaire, cette rubrique met le doigt sur quelques actions ou paroles (imprudentes ou indiscrètes) recueillies off et rarement relayées par la presse, qu'elles soient de droite ou de gauche. Dans le même esprit figurent, sur la même page, les « Minimares » ;
- Minimares. Brèves relatant les propos de telle ou telle personnalité et accompagnées d'un bref commentaire sarcastique ;
- Les Pan sur le bec (démentis, reconnaissance d'erreurs) ;
- Le Mur du çon. Le jeu de mots est clair : il s'agit d'épingler une bévue commise par une personnalité ;
- La brosse à reluire. Cette rubrique (non systématique) raille celles et ceux qui ont fait preuve de flagornerie à l'endroit de telle ou telle personnalité ;
- Les prises de bec (portrait au vitriol) ;
- Canard Plus, sur le monde des médias ;
- Couac : récit de péripéties survenues à des lecteurs de Isabelle Barré et Jean-Yves Viollier ;
- Coup de barre : chronique judiciaire de Dominique Simonot ;
- Plouf! : chronique altermondialiste de Jean-Luc Porquet ;
- Les conflits de canard (articles touchant à la nourriture en général, les groupes agro-alimentaires en particulier) ;
- Album de la Comtesse : chronique de contrepèteries ;
- À travers la presse déchainée, Rue des petites perles et Comme son nom l'indique sont trois rubriques jumelles du journal qui permettent de recueillir les perles et les coquilles de ses confrères, en y ajoutant des commentaires à sa façon ;
- Contes du Canard enchaîné ;
- Feuillets de route de l'ami Bidasse ;
- Les interviews (presque) imaginaires du Canard ;
- La Cour. Une chronique/critique du pouvoir gaullien due à la plume de Roger Fressoz et au crayon du dessinateur Roland Moisan. Cette rubrique fut inaugurée en 1960 et, après le départ de Charles de Gaulle en 1969, prit le nom de « La Régence » ;
- Le Cinéma. Cette rubrique rassemble quelques brèves critiques cinématographiques. On y trouve ainsi « Les films qu'on peut voir cette semaine », « Les films qu'on peut voir à la rigueur » et « Les films qu'on peut ne pas voir ». Il arrive que Le Canard enchaîné attire l'attention de ses lecteurs sur un film plus ancien mais à nouveau projeté : l'intertitre est alors « Les films qu'on peut voir ou revoir » ;
- Le concours Ma bobine partout apparaît occasionnellement, pointant l'autopromotion, par les photos, des responsables des collectivités locales, dans les magazines que ces collectivités diffusent ;
- Quelques célèbres manchettes du Canard enchaîné ;
- Le Journal de Carla B. Cette rubrique dédiée à la femme du Président français Nicolas Sarkozy rapporte les paroles fictives et humoristiques de Carla Bruni chaque jour de la semaine (souvent du mardi au lundi). La rubrique fait son apparition peu avant le mariage du Président avec l'ex-mannequin et durera, comme annoncé dès sa première parution, jusqu'à la fin du mandat de Nicolas Sarkozy. Elle paraît à la une de chaque numéro dans un cadre rose.
- La stabilité du cadre rédactionnel du journal est l'une de ses marques de fabrique.


Source : Wikipedia®

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