Idées Cadeaux  -  Packs Promos  -  Presse étrangère  -  Collectors  -  Paris Match  -  Articles Perso  -  Panier  -  Mairies - CE






Histoire de la presse

Histoire du journal Le Monde



le Monde, quotidien national d’information paraissant l’après-midi.

UN MODÈLE DE RIGUEUR INFORMATIVE

En 1944, le général de Gaulle en personne demande à Hubert Beuve-Méry de fonder un journal à la hauteur des ambitions de la France libérée. Ancien correspondant du Temps à Prague en 1934 et résistant (il signera ses articles sous le pseudonyme de Sirius, l’homme qui saisit les choses de haut, avec recul), il prend les rênes d’un quotidien dont le premier numéro paraît le lundi 18 décembre 1944. Né dans l’ombre du pouvoir, le Monde s’en émancipe cependant rapidement.

Durant la IVe République, le Monde voit son tirage passer de 110 000 (1946) à 200 000 exemplaires en 1957. Il résiste aux attaques, sur son terrain, de deux titres éphémères censés le concurrencer et qui tentent de jouer la filiation symbolique avec feu le Temps (le Temps de Paris et les Débats de ce temps, 1956-1957).

Son inspiration centre-centre gauche ne l’empêche pas d’être un journal respecté dans la mesure où, en dépit de quelques engagements (sur le neutralisme au début des années cinquante, puis sur l’Algérie notamment, mais avec des dissensions internes), il n’est pas un journal partisan. Son succès est donc d’abord le fruit de sa grande et austère rigueur informative (c’est un modèle du genre) et de sa position d’électron libre sur l’échiquier politique.

Le Monde est donc avant tout une autorité morale, appuyée sur sa liberté de ton et sa relative émancipation vis-à-vis du politique. Ainsi, malgré certains remous, dont ceux suscités par le retour aux affaires du général de Gaulle (1958), sa rédaction est solide et conquérante. En ces temps troublés de décolonisation et de tendance étatique à la censure, les journalistes ont le souci de garder leur indépendance face aux pressions du pouvoir politique et des puissances financières (ce que favorise la naissance de la Société de rédacteurs, dès 1951, après une première crise autour du neutralisme). Certains membres de la rédaction flirtant avec le progressisme, il s’ensuit toutefois de houleuses discussions et quelques départs dans les années 1956-1960.

LES ANNÉES GLORIEUSES

Pendant près de vingt ans, le tirage du quotidien ne cesse d’augmenter : il dépasse 300 000 en 1968, atteint 548 000 en 1974, puis résiste fort bien à l’éphémère concurrence de J’informe (1977). De grands noms, comme Pierre Viansson-Ponté, André Laurens, Jean Lacouture et André Chastel, ont alors rejoint la rédaction et participent activement à son rayonnement, qui en fait incontestablement le journal de référence en France et un des principaux quotidiens de référence dans le monde.

En 1969, lorsque Jacques Fauvet en prend la direction, le Monde est donc prospère. Mais, au début des années quatre-vingt, comme la plupart des quotidiens français, le journal subit une baisse de diffusion prononcée et une crise grave. Le lectorat, celui des jeunes en particulier, s’est éloigné (le Monde a été un grand journal « estudiantin » dans les années 1960-1970), et le prix du papier, ainsi que la réduction des annonces publicitaires rendent difficile l’équilibre budgétaire du journal.

Quand, en 1985, André Fontaine arrive à son tour à la tête du journal, celui-ci est presque en situation de cessation de paiement et le tirage n’est plus que de 342 000 exemplaires contre 445 000 en 1980.

TURBULENCES ET RÉFORMES

André Fontaine, un expert en politique étrangère, se révèle un excellent gestionnaire. Conscient de la nécessité de renouveler l’image et le contenu du journal, il en fait rajeunir la présentation, introduit la photographie (qui manquait cruellement pour affronter la concurrence), accorde une place importante au dessin ou à la caricature, et enfin, ouvre le capital de la société éditrice jusqu’alors réparti entre les fondateurs, les rédacteurs, les cadres, les employés et le directeur de la publication, aux lecteurs et à de grandes entreprises. Cet état d’esprit, qui rompt en partie avec l’image élitiste née dès les années quarante, converge avec la prise en compte par le journal de l’évolution de la société, grâce, en particulier, à de nouveaux suppléments comme le Monde des livres et Radio-Télévision (aujourd’hui Télévision-Radio-Multimédia).

Pour apurer la dette du quotidien, André Fontaine procède à la vente du célèbre immeuble de la rue des Italiens. Le Monde s’installe alors le 1er mai 1990 dans un bâtiment neuf du XVe arrondissement, conçu par les architectes Dominique Lyon et Pierre Du Besset. Destinés à accueillir seulement la rédaction du journal, les lieux se révèlent très vite trop exigus dès lors que le journal entreprend de regrouper tous les services (en avril 1996, le journal déménage à nouveau pour s’établir rue Claude-Bernard dans le Ve arrondissement de Paris).

Autre particularité des années quatre-vingt : le Monde infléchit sa ligne à gauche — il soutient François Mitterrand depuis 1974 — et entre plus nettement dans une logique de journalisme d’opinion.

UNE ADAPTATION RÉUSSIE

Début 1994, alors que la diffusion est stabilisée à environ 340 000 exemplaires, des conflits internes conduisent Jacques Lesourne, directeur du quotidien depuis 1991, à céder sa place à Jean-Marie Colombani. Celui-ci résout les conflits en cours et crée un poste de médiateur chargé de répondre aux interrogations des lecteurs, une première dans la presse française. Confiée à André Laurens, cette innovation va de pair avec une reprise en main du Monde par les journalistes, qui se traduit notamment par la nomination d’Edwy Plenel à la direction de la rédaction. Le lancement de la nouvelle formule du quotidien en janvier 1995 entraîne une forte hausse de la diffusion (12 p. 100) et permet à l’entreprise de renouer avec les bénéfices.

Aujourd’hui encore, le Monde est caractérisé par son esprit d’indépendance. Certes, il est orienté à gauche, mais il a su, selon la logique amorcée par son fondateur Hubert Beuve-Méry, prendre du recul et dénoncer certains scandales de l’époque mitterrandienne grâce à une intense pratique du journalisme d’investigation (affaire Greenpeace notamment).

Au fil des années, le Monde s’est enrichi de suppléments hebdomadaires comme le Monde de l’économie, le Monde des initiatives et Aden (arts, divertissements et nuits), en coédition avec les Inrockuptibles. Il assure également un certain nombre de publications mensuelles autonomes : le Monde des philatélistes, créé en 1951, publie chaque mois des dossiers et des enquêtes relatives aux collections thématiques ; le Monde de l’éducation, créé en 1974, informe sur l’enseignement et la formation des jeunes ; le Monde diplomatique (très indépendant sur le plan rédactionnel) analyse en profondeur les mouvements politiques, sociaux et religieux qui traversent les nations. Le Monde de la musique, lancé en 1978 en collaboration avec Télérama, est désormais indépendant. Depuis 1975, à la mi-janvier, paraît le bilan économique et social de l’année écoulée (Bilan du monde). Dossiers et Documents traite des questions d’actualité. En 1998, grâce à une situation financière redressée et à une image restaurée, le Monde crée le Monde interactif, spécialisé dans les nouvelles technologies. Le site Internet du Monde permet aujourd’hui de consulter l’édition quotidienne en ligne, ainsi que ses suppléments pour le Web, et propose différents services.

Après plusieurs restructurations et recapitalisations extérieures, le Monde garde donc son statut de journal de référence — en grande partie grâce à la pression de la Société de rédacteurs qui protège l’indépendance rédactionnelle du journal et qui a su survivre à la crise des années quatre-vingt, au cours de laquelle on l’accusait d’une trop grande complaisance à l’égard du gouvernement. La fourchette de sa diffusion totale entre 1997 et 2000 — entre 392 000 et 400 000 exemplaires, souligne une reprise sensible et prouve sa bonne santé.

Collection Microsoft ® Encarta ® 2005. © 1993-2004 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.

Modes de règlement



Mesjournaux.com - © Orgos 2000 - 2010 /
. . . . . . .
© Tatyana Gladskih - Fotolia.com